Conseil départemental de la Vendée

De l’oxygène pour les Ehpad

Publié le 12/06/2019 à 13:01
Modifié le 12/06/2019 à 13:21

Une dotation exceptionnelle de 1,6 M€ pour les Ehpad de Vendée sera proposée aux votes des élus du Département le 21 juin prochain. Elle doit permettre le recrutement de personnels. L’annonce a été faite ce mercredi 12 juin par Yves Auvinet, président du Département. 

« Cette dotation facilitera notamment le recrutement de personnels pour la période estivale », explique Yves Auvinet. Elle sera versée aux Ehpad de Vendée en fonction du niveau de dépendance de chaque résident. Le niveau de dépendance des personnes âgées est évalué selon le point GIR, compris entre 1 et 5. Une personne classée en GIR1 est considérée comme étant très dépendante. Classée GIR5, elle est autonome. La dotation du Département va permettre une réévaluation de ce point GIR à 7,10€. La moyenne nationale de cette référence est à 7,07€. La Vendée compte actuellement 138 Ehpad. « Cette dotation exceptionnelle est une étape, souligne Isabelle Rivière, la présidente de Commission solidarités et famille au Département. Avec le futur plan Vendée Autonomie, nous voulons remettre l’Ehpad au centre du parcours de la personne âgée ». Le plan d’appui en faveur des Ehpad sera présenté en fin d’année. Par ailleurs, pour aider les établissements dans leurs difficultés à recruter, une cellule médiation emploi a été mise en place avec la Maison départementale de l’emploi et du développement économique

Le résident, principal contributeur au financement des Ehpad 

La résidence Béthanie à La Mothe-Achard accueille actuellement 112 résidents. 22 aides-soignants, 20 agents sociaux, 6 infirmiers et 1 médecin coordinateur les accompagnent, sans compter le personnel administratif. Habilité à l’aide sociale, l’établissement affiche un prix de journée à 43,50€. « C’est l’un des plus bas de Vendée », souligne Estelle Guédon, la directrice. En 2018, les dépenses de la résidence Béthanie se sont élevées à 3,5 M€. « 68% sont des dépenses liées au personnel ». Du côté des recettes, 55% proviennent du résident lui-même. « C’est le principal contributeur, rappelle Estelle Guédon. Il paye son hébergement et verse une participation à la dépendance à travers le ticket modérateur ». L’Agence régionale de la santé (ARS) finance les soins pour 30% des dépenses engagées par l’établissement. Le Département contribue, au titre de la perte d’autonomie, à hauteur de 11%. « 4% des recettes proviennent de la vente de repas, des assurances, de la téléphonie… », complète la directrice. 

Un accompagnement des gestes du quotidien 

À 11h, les résidents et le personnel se croisent en échangeant un bonjour ou une nouvelle, dans le hall d’accueil de la résidence Béthanie et à proximité de la boutique. Une résidente, Jeanine Servant, joue du piano. « Elle a été professeur de piano » m’explique Laëtitia Guillet, l’infirmière coordinatrice. Denise Murail, Thérèse Gouais, Joseph Gaborit et Louis Chauvet m’attendent dans un des salons de la résidence. Joseph Gaborit est arrivée en 2013 à l’Ehpad. Il fait partie du Conseil de la vie sociale avec les trois autres résidents. « Nous nous réunissons une fois tous les deux mois, explique-t-il. Nous faisons des propositions pour les animations, et d’une manière générale pour améliorer notre vie ici ». L’une de ces propositions est d’organiser une fête pour remercier tout le personnel de la résidence. « Elles ont toutes le sourire », souligne Denise Murail. « C’est important pour nous, ajoute Thérèse Gouais. Quand le personnel n’est pas motivé, ça se sent ». Chacun mesure bien l’engagement que représente l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie, du lever au coucher, en passant par la toilette, les déplacements et le repas. Louis Chauvet, atteint de la maladie de Parkinson, se sent particulièrement diminué. « Je suis maladroit, j’ai besoin de quelqu’un pour chaque geste du quotidien ». À des degrés divers, tous les résidents de Béthanie partagent ce besoin. « Je félicite le personnel, leur courage et leur gentillesse", partage Joseph Gaborit sous le regard approbateur de chacun. 

Un métier exigeant 

Marie-Pierre Billon travaille depuis trente ans comme aide-soignante à la résidence Béthanie. «Les résidents sont de plus en plus dépendants quand ils arrivent, constate-t-elle. La charge de travail a sensiblement progressé». Ouvert en 1965, l’établissement était à l’origine un foyer logement avec 45 résidents. « À l’époque, il n’était pas rare de s’installer au foyer à 60 ans. Aujourd’hui la moyenne d’âge des nouveaux arrivants se situe autour de 87 ans ». Tous les lits sont désormais médicalisés. Peu de résidents se déplacent sans canne, ni déambulateur. À l’heure du repas, aides-soignantes, agents sociaux, infirmières y vont toutes de leur coup de main pour aider chacun à s’installer à table. «L’engagement est total, explique Béatrice Nkeng Evina, agent social depuis dix ans. Il faut de la patience et de l’énergie». Estelle Guédon, la directrice, reconnaît que le métier est exigeant et mal reconnu. « Un aide-soignant débutant gagne 1450€ net, en travaillant un week-end sur deux et à des horaires décalées. Notre principale difficulté est de trouver des aides-soignants. Aussi tout ce qui peut rendre à nouveau attractif notre secteur d’activité est bénéfique ». La dotation exceptionnelle du Département veut y contribuer. 

Reportage photos à découvrir sur le Facebook du Département @CDVendee 

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